Indiana Jones à l’épreuve du temps

Le cinquième et dernier Indiana Jones est fidèle au mythe de l’archéologue. Depuis 1982, son succès n’a jamais faibli. Le héros crée par George Lucas ne vieillit pas. Il saute à pied joints sur deux générations, résistant à l’usure du temps, prenant toutefois à peine quelques toutes petites rides.

Ce cinquième et dernier volet de la saga nous fait voyager dans l’espace et le temps, évoquant la conquête de la lune, avec en filigrane le passé nazi de Wernher von Braun, jusqu’au siège de Syracuse et la défaite des Grecs. Les nazis, avides de collectionner les reliques historiques pour un règne de mille ans, sont toujours du mauvais côté de l’histoire.

Tous les moyens de transports existants entre mer et ciel sont utilisés pour les cascades, avec des avions, des trains, des voiturettes, des bateaux, des voitures historiques ( la mythique Cinquecento), des motos et même des scaphandres pour la plongée sous-marine. Les grottes, les cascades d’eau, les squelettes, les insectes, sans oublier l’imaginaire des serpents, sont toujours bien présents.

La Cadran de la destinée peut être vu comme une illustration de la fidélité. Continuité du personnage d’Indi bien-sûr, mais pas seulement. Une petite observation d’Helena ( filleule d’Indiana, interprétée par l’actrice anglaise Phoebe Waller-Bridge ) évoque, l’espace d’un court instant, l’alliance de mariage d’Indiana, toujours portée à son doigt malgré les vagues de l’histoire.

Pour ouvrir une parenthèse d’importance, Helena n’a rien d’une potiche, un second rôle de nunuche, incarné par une blonde aux yeux bleus, naïve, un brin stupide et peureuse. Bien au contraire, cette passionnée d’histoire, également archéologue, est sportive, active, donnant la réplique avec brio. Une vraie femme, indépendante et libre, sachant réveiller au besoin les autres par sa ténacité, ses astuces et même sa claque.

Dès le retour de ses épopées, le professeur, désormais retraité, retrouve sa femme toujours présente malgré l’épreuve du temps. Leur amour avait été chahuté par les années qui défilent. Avec Marion, tous deux se réconcilient avec leur propre passé, comme si Archimède avait programmé son Anticythère, non seulement pour lui-même et Syracuse, mais pour aider le couple à vivre cet instant.

L’aventurier joué par Harrisson Ford se met en retrait du septième art, mais tout l’imaginaire d’Indiana résistera à l’épreuve du temps, pour le divertissement des petits et grands. Sa destinée restera encore longtemps sur le cadran de nos écrans.

*La machine d’Anticythère est considérée comme le premier calculateur analogique antique permettant de calculer des positions astronomique.