Sinéad O’Connor était une survivante

La sulfureuse chanteuse irlandaise est décédée prématurément et tragiquement. Elle avait notamment marqué le monde entier en déchirant, en direct à la télévision, une photo du Pape Jean-Paul II lançant face caméra: « combattez le vrai ennemi ».

Très honnêtement, cela n’avait pas vraiment été médiatisé de cette façon. Mais soit. Par la suite, l’artiste est revenu sur son acte pour expliquer avoir voulu dénoncer les agressions contre les enfants. Elle parlait d’ailleurs de survivants, plutôt que de victimes. Sincèrement, cette explication est venue à mes oreilles bien des années après ce geste intentionnellement provoquant. Le doute profite à l’accusée dit le dicton. Sans si et sans mais, sa lutte est plus qu’honorable, mais admirable. Un innocent abimé est bien plus qu’un bout de papier réduit en petits morceaux, c’est une vie qui part en éclat, en morceaux de souffrances déchirants.

Elle aurait dès lors vu, avant tout le monde, le tsunami qui allait déferler sur l’institution ecclésiastique. Un chant et un cri dans le désert de l’époque.

Ce noble combat n’enlève rien aux obscénités, aux provocations outrancières de la diva, totalement inaudibles et irrecevables. Elle portait en elle des terribles souffrances, dont des agressions par sa mère et un suicide de son fils, en vivant avec la terrible maladie de la bipolarité faite d’extravagances, de hauts et de bas. Les personnes survivantes laissent jaillir très souvent un terrible colère. Cette dernière est un cri légitime contre une injustice. Ceci peut expliquer cela, sans excuser les faits.

L’eau a coulé sous les ponts. Jean-Paul II est devenu Saint et Sinéad O’Connor est partie vers Dieu. Puisse le cri de son combat retentir dans nos esprits souvent hermétiques.

Il ne me reste plus qu’à prier de tout coeur pour l’artiste irlandaise, afin que Dieu l’accueille dans la Bonté de son Amour et lui accorde Son Pardon, avec la vie et le repos éternel. RIP