Homosexualité: pataquès pour une bénédiction

La déclaration « Fiducia supplicans » provoque, le moins que l’on puisse dire, une avalanche de réactions. Publiée en décembre, elle a fait l’objet d’un communiqué de presse en janvier.

Honnêtement, j’aurais souhaité au moins le même engagement pour défendre les personnes victimes de crimes ou de manipulations à l’intérieur même de l’Eglise. Mais, fermons cette cruciale et vitale parenthèse.

De quoi s’agit-il ? D’une déclaration sur la signification pastorale des bénédictions. Elle porte le titre en latin de « Fiducia supplicans« , les deux premiers mots du texte, comme il est de coutume avec les documents du Pape, soit « La confiance suppliante ». La missive commence ainsi: « La confiance suppliante du peuple fidèle de Dieu reçoit le don de la bénédiction qui jaillit du cœur du Christ à travers son Église ».

La déclaration ne fait rien d’autres que de déployer la richesse et l’amplitude des différents types de bénédictions. Pour les personnes qui demandent avec raison l’aide de Dieu, nous parlons de bénédictions pastorales, brèves et spontanées. Le coeur de Dieu ne pourrait-il pas vouloir tout le bien possible pour deux personnes qui le demandent ?

Pour les personnes homosexuelles ou en situations dites irrégulières, une bienveillance et un souhait d’abondance de bien est tout à fait possible. L’Eglise bénit bien les motos, les voitures, les maisons, les animaux… Et cette compassion divine pour les personnes en couple est un geste pastorale. Elle ne se confère pas au cours d’une messe, ou d’une cérémonie préparée.

Pas de bénédictions allemandes

Cette décision du Pape ne contredit pas la précédente recommandation de la CDF. Tout au contraire, elle invite une Eglise particulière comme l’Allemagne à renoncer aux livrets liturgiques et aux cérémonies qui ressemblent étrangement aux mariages.

Comme conclusion, qui éclaire si bien notre lanterne, voici ci-dessous les quelques phrases du Saint-Père adressées à la plénière de la congrégation pour la doctrine de la foi:

« Dans ce contexte d’évangélisation, je mentionne également la récente déclaration Fiducia supplicans. L’intention des « bénédictions pastorales et spontanées » est de manifester de manière tangible la proximité du Seigneur et de l’Église à tous ceux qui, se trouvant dans des situations diverses, demandent de l’aide pour continuer – parfois pour commencer – un chemin de foi.

Je voudrais souligner brièvement deux choses :

la première est que ces bénédictions, en dehors de tout contexte et de toute forme liturgique, n’exigent pas la perfection morale pour être reçues ;

la deuxième est que, lorsqu’un couple s’approche spontanément pour les demander, on ne bénit pas l’union, mais simplement les personnes qui en ont fait ensemble la demande. Non pas l’union, mais les personnes, en tenant compte naturellement du contexte, des sensibilités, des lieux où l’on vit et de la manière la plus appropriée de le faire ».