L’homosexualité dans les Séminaires: le Pape François se prend-il les pieds dans le tapis ?

«Il y a déjà trop de frociaggine (tantouzes) dans les séminaires.» Cette phrase du pape François, prononcée à huis clos le 20 mai 2024 devant les évêques italiens, a fuité une semaine plus tard dans la presse. Elle provoque indignation et incompréhension. Vraiment ?

Analyse

Ce serait plutôt la phrase « qui s’y frotte s’y pique » qui pourrait résumer les propos du Pape.

Tout d’abord, le milieu médiatique n’est pas neutre. Il est en quelque sorte occupé. Il y a des propos qui ne passent pas et déclenchent immédiatement des polémiques. Par exemple, et Dieu merci, les propos antisémites sont inacceptables et passent sous le coup de la loi.

Tout comme les déclarations offensantes sur l’homosexualité . Elles sont désormais aussitôt reprises. Ces sujets, entre autres, sont hypersensibles et délicats. Dieu merci, dans le milieu de la communication, l’homophobie est bannie.

Revenons au Saint-Père. Il a non seulement une voix scrutée, écoutée mais aussi particulièrement puissante. S’y attaquer peut procurer un avantage notoire, non seulement afin de faire retentir les portes-voix ici et là mais faire résonner la plus grosse cloche dans le milieu médiatique. C’est plus que profitable pour la cause. Le vent favorable est un amplificateur.

Premièrement, la petite phrase de Bergoglio sortie de l’intimité a permis de créer la polémique, justement en fonction de l’homosexualité qui occupe l’espace médiatique. Toutefois elle n’est pas totalement offensante puisque l’Eglise a le droit d’exiger de ses ministres certains comportements fondamentaux.

Deuxièmement, les dire du Pape sur l’homosexualité dans les Séminaires (cf.lieu de formation des futurs prêtres) rejoignent une réalité. L’Eglise ne peut pas admettre des candidats ou des prêtres homosexuels en son sein. Le souverain pontife n’évoque d’ailleurs pas la société, il est dès lors dans son droit et son domaine de compétence.

Mais au fond … pourquoi cette petite phrase prononcée en privé se voit jetée dans le fonctionnement médiatique ? Un ou des évêques italiens ont eux-mêmes fait filtrer les phrases du Pape. Soit parce qu’ils ne sont pas d’accord, soit parce qu’ils sont eux-même gays.

Se payer le Pape sur ce sujet est très profitable, non seulement pour l’espace médiatique occupé qui fonctionne comme une caisse de résonance mais aussi pour la place que tient l’homosexualité dans le milieu clérical.