France: nos frères Juifs prennent parti

Je me suis toujours permis de parler de la France parce que mon papa est né vers Bordeaux, en 1930, à Fargues Saint-Hilaire pour grandir à Saint-Julien Beychevelle. Encore enfant, mon père a vécu l’arrivée des allemands en 1939. Avec ses yeux de bambins, il a vu les bombardements des usines par les alliés et la DCA en action qui ne lâchait plus un avion lorsqu’il était pris dans son rayon lumineux.

D’ailleurs, sans trop savoir pourquoi, durant les attaques, il sortait se cacher dans le jardin, dans les tomates. Bref, c’est lui qui ma raconté et appris la France, avec Pétain, de Gaule, Saint Exupéry ou le débarquement.

Un français est presque toujours très politisé, de gauche ou de droite, avec passion. Ce temps de post-dissolution de l’Assemblée nationale le révèle dans toute sa profondeur. Je regarde parfois LCI et les interviews passionnants de Darius Rochebin. C’est sa marque de fabrique. J’aime découvrir les personnalités, leur vie et leur vision du monde.

J’ai écouté attentivement deux illustres Juifs s’exprimer sur les prochaines élections.

Le premier Haïm Korsia, le Grand Rabin de France. Il souligne combien l’extrême gauche est profondément antisémite. Si le RN et la LFI sont présentés aux choix des électeurs, il invite cependant à voter blanc.

Autre discours du second, en la personne de Serge Klarsfeld. Il déclare qu’en cas de duel entre La France insoumise et le Rassemblement national, il votera, « sans hésitation », pour le candidat RN : « Aujourd’hui, le Rassemblement national soutient les Juifs, soutient l’État d’Israël et il est tout à fait normal, vu l’activité que j’ai eue ces 60 dernières années, qu’entre un parti antisémite et un parti pro-Juifs, je vote pour un parti pro-Juifs ».

Nous sommes loin du temps du sulfureux fondateur du Front National, Jean-Marie Le Pen. Son racisme, sa grossièreté, son antisémitisme me choquait et me blessait profondément. Pourtant certains catholiques votaient pour lui.

Suite à la dissolution de l’Assemblée nationale par le Président Emmanuel Macron, je trouve fascinant de constater l’absence de catholiques dans les débats. Pourtant de Gaule était catholique pratiquant et abritait une chapelle catholique sur le lieu de son service.

Je note cependant que la voix de nos frères Juifs est précieuse au point que d’illustres personnalités donnent des consignes de votes, sur différents médias. Je remarque aussi que les racines antisémites de l’ex-FN ont été bien arrachées, au point de passer de l’extrême-droit à la droite conservatrice. A moins que la mue ne soit que du vent.

Passionnant. Chaque catholique, chaque chrétien est libre, joui du droit de voter, en conscience, pour le parti de son choix. Etrangement cette fois, c’est le vote à l’extrême-gauche qui semble poser clairement difficulté.