En Suisse, la star des avions américains F-35 passe par des turbulences médiatiques. Le montant supplémentaire d’acquisition n’est pas connu. Le contrat parlai de 6 milliards. Or, c’est une lapalissade, l’argent est un paramètre essentiel pour ce pays.
Rappelons ici la création, dans les années 2015, d’un pôle spécial de Lockheed Martin basé à Berne pour du lobbying auprès des politiques et de la population. Mais le constructeur a-t-il compris la démocratie directe helvétique et son attachement au budget ?
La culture suisse cherche la transparence, évitant le secret envers le peuple souverain, alors que la manière de faire des américains veut cacher, également la technologie de leur avion furtif. Cette culture du révélé face à l’opacité a très certainement abouti à ce malentendu d’un prix fixe.
Depuis une semaine, un énorme polémique agite les médias. Elle est aussi chaude que la température estivale. Généralement, une crise médiatique dure une semaine et demi, puis elle se calme. Mais en période de vacances, la difficulté de trouver des sujets peut jouer en faveur des opposants.
Tout se concentre sur le prix. Et il y a effectivement un problème. Combien, sur une enveloppe de 6 milliards, la Suisse devra débourser en plus ? Personne ne sait. Il faudra observer la réaction des américains.
L’icone du Mirage
Par le passé, l’achat d’un avion de combat, comme le Vampire, le Venom, le Hunter ou le F-5 ne posait pas vraiment de difficulté. Seul l’achat du Mirage fut la saga des années 1960. L’affaire des Mirages reste une sorte d’icône d’un fiasco financier. Les suisses s’étaient montrés gourmands pour des modifications propres qui ont vu l’achat être diminué de presque la moitié, passant de 100 à 57 exemplaires du mythique Mirage III. Deux démissions retentissantes, dont celle du Conseiller Fédéral Paul Chaudet, avaient marqué ce dossier. Pour une explosion du budget !
L’acquisition du F/A-18 avait vu la naissance d’une polémique. Le GSSA, groupement pour une Suisse sans armée, très en pointe en communication, avait compris l’effet « du tag » sur un avion comme un immense vecteur de publicité et de communication. L’accrochage et l’arrimage de leurs idéologies et leurs idées comme des bombes sous les ailes engendre des tourbillons dans l’air du moment.
D’ailleurs, le nombre de F/A-18 acheté ne fut pas de 40, comme prévu, mais de 34 soit 6 aéronefs en moins et justement pour une question de budget.
Pour la petite histoire, une espèce d’idée secrète et farfelue circulait déjà, faisant croire qu’un bouton actionné aux USA clouait cet avion au sol. Un belle invention.
Le F-35 européen
Le F-35 a tout de même des atouts. Lors des évaluations avec le Rafale, le Super Hornet et l’Eurofighter, il les a notablement surclassés. Le Rafale a même terminé au 3ème rang, juste pas chocolat. Le Rafale est presque un « grand-papa » alors que le Lightning II est un adolescent. Sa marge de progression est bien plus grande. Le Rafale, un splendide avion, est malgré tout un avion boudé au niveau européen. Le F-35, lui, se vent très bien.
Le pilote voit toutes les données dans son casque, en vision permanente.
Enfin, le F-35 sera construit en Italie pour devenir dès lors un avion européen pour s’intégrer dans une constellation de jets furtifs sur le continent.

Mais voilà, les activistes contre les avions de combat sont très agressifs, courant vers les micros et les plateaux de TV. Par le truchement de quelques grands journaux, ils crachent l’air chaud jailli de leurs turbines cérébrales. De plus, leurs connaissances du monde complexe des avions sont très limitées. Et ce sont toujours les mêmes, une toute petite minorité, soit deux écologistes et un socialiste.
Aimer nos pilotes sur les alpes
La France, l’Italie, les USA aiment leurs pilotes et leurs avions, ils en sont fiers et ils ont raisons. Les Suisses aussi, toutefois les turbulences de quelques activistes vient masquer cette réalité. Lorsqu’il y a des meetings, ils répondent présents.
Les manifestations aériennes suisses ont pourtant été drastiquement diminuées. Le solo display du F-18 a été abandonné, la patrouille suisse sera active jusqu’en 2027 et le célèbre show d’Axalp dans les montagnes a également pris fin. D’ici quelques années, seul le PC-7 Team et ses 9 avions avec les solos PC-21 et Super Puma seront en activité. Ce genre de grandes économies ne font pas la une.
Incarner l’avion
Nous appelons l’armée la grande muette. Dès lors que faire ? Dans ce trou d’air qui entoure l’argent engagé pour le F-35, des personnes pourraient sortir des nuages afin d’incarner ce projet, de répondre aux critiques en communiquant les points faibles et les points forts. Le silence n’est jamais conseillé en cas de gros temps. Il ne faut pas être furtif, mais voler en escadrille avec cet avion du futur dans ce ciel très turbulant et orageux. Des solutions vont jaillir des réacteurs. Et finalement, pourquoi pas nous embarquer, nous faire monter à bord, pour nous raconter le noble job dans l’escadre de surveillance du futur ? Mais il faut des personnalités qui incarnent ce F-35.
A lire: site Avianews de Pascal Kummerling
