Les feuilles de Léon XIV

Dès son apparition au balcon de la Basilique Saint-Pierre, les premiers pas médiatiques de Léon XIV étaient présents. Pour un œil aguerri, la discrétion de son mode de communication fut tout de même visible: l’écrit.

Face à plusieurs milliards de personnes suivant cet événement, ses premiers mots étaient couchés sur son petit bloc de feuilles blanches. J’ai d’abord cru à un I Pad couleur crème. Ce fut bel et bien un petit cartable blanc. Léon XIV continue d’utiliser cette forme de communication. C’est un filet de protection.

Son prédécesseur François parlait beaucoup, abondement et même trop pour certain. Il l’a ramenait tout le temps. Il a reçu énormément de journalistes à Sainte Marthe. Personnellement, j’ai apprécié sa façon de parler sans filtre, d’une manière confiante en laissant les mots s’envoler. Et il avait commencé tambour battant, avec les périphéries, les brebis … Sa célèbre phrase « si une personne homosexuelle suit droitement le Seigneur, qui suis-je pour juger » avait déjà fait le tour du monde. Un marqueur.

Les premiers mois de Léon XVI tranche avec la comm. de François. Il n’a pas encore passé par l’épreuve du feu, les conférences de presse. Allez savoir si les journalistes, embarqués dans l’avion papal lors des voyages, auront leur réponses lues, ayant été préparées soigneusement en amont.

Le monde médiatique a ses propres règles, comme la polémique. Il suffira donc que le Pape se voit confronté à la question de l’homosexualité, à Donald Trump, à Poutine, à Gaza, à la liturgie traditionnelle et au monde tradi, pour que sa cote de popularité descende, ou remonte.

Pour la communication, et pour faire court, Léon XIV n’a encore rien fait. Les vaticanistes n’ont presque rien à écrire, il manque les polémiques, les affrontements, les documents, les nominations …

Mais il travaille beaucoup ! Il rencontre énormément de personne, il reçoit, écoute et comprend. Et sa prose est divinement belle, ses homélies adroitement ciselées. Honnêtement, ce Pape plaît beaucoup.

Quoi qu’il en soit, le troupeau a besoin d’entendre la voix de son Pasteur. Le Siège de Pierre est lié à la foi, à la vérité, à l’annonce. Seul l’avenir nous dira comment le nouveau Pape souhaite décliner sa communication. Aura-t-il un porte-parole ? Navarro Valls et le Père Lombardi ont laissé leur marque dans l’histoire de Saint Jean-Paul II et de Benoît XVI.

Pour le moment, bien inspiré celui qui peut lire dans les petits papiers de Léon XIV. Qui vivra lira.